CONSEIL NATIONAL DES
CHARGEURS DU CAMEROUN

Le gouvernement camerounais envisage de rehausser les droits d'exportation sur les grumes afin de stimuler le secteur de la transformation locale.  « Le droit d'exportation applicable aux grumes est fixé à 60% de la valeur FOB (Free On Board, ndlr) de l'essence. Ce taux s'applique également à l'entrée des grumes dans les points francs industriels », lit-on dans le projet de loi de finances 2023.

 

La validation de ce projet de loi par les députés fera passer le taux de 35% en 2021 à 50% en 2022, et enfin à 60% en 2023. Cette mesure vise à décourager les exportations de bois non transformé et à soutenir le développement de la transformation locale. « La taxe de sortie applicable aux bois ouvrés et semi-ouvrés (...) est de 15% de la valeur FOB de l'essence. Les bois ouvrés et semi-ouvrés exportés à partir des points francs industriels ne sont pas soumis à ladite taxe », précise le document. Ceci signifie que les exploitants qui exportent des grumes brutes paieront une taxe plus élevée que ceux qui effectuent une première transformation avant l'expédition du produit fini ou semi-fini. Pour les opérateurs des points francs industriels, les exportations de bois transformé devraient être totalement gratuites, selon la proposition du gouvernement.

 

Interdiction sur les exportations.

En adoptant cette nouvelle approche, le gouvernement camerounais poursuit sa politique de transformation pro-locale. Depuis 2022, l'importation au Cameroun de machines, d'équipements et d'outils pour la transformation avancée du bois est exonérée de tous les droits de douane et taxes, conformément à la décision des autorités de la Cemac d'interdire toute exportation de grumes de la communauté. Cette décision devait entrer en vigueur le 1er janvier 2022, mais a finalement été reportée au 1er janvier 2023, pour permettre aux pays de s'adapter à la nouvelle donne.

 

« Tous les textes ont été adoptés, sauf un, qui est la ligne directrice sur la filière bois (interdiction sur l'exportation de grumes, ndlr). Il y a un coût fiscal énorme (...) vu le contexte actuel, et je pense qu'il est juste de reporter la décision à une date ultérieure », explique le gabonais Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la CEMAC, à l'issue de la 38e session ordinaire du Conseil des ministres de l'Union économique et monétaire de l'Afrique centrale (UEAC). C'était le 28 octobre 2022, à Yaoundé. Selon lui, la mise en œuvre de cette mesure devrait, par exemple, faire perdre au gouvernement camerounais environ 80 milliards de francs CFA. « Lorsque cette décision a été mise en œuvre, le Gabon a perdu 75 milliards de francs CFA. Il faut des mesures d'accompagnement », a-t-il déclaré.

 

Source : Investir au Cameroun

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