CONSEIL NATIONAL DES
CHARGEURS DU CAMEROUN

Depuis le 4 août 2026, l’Accord d’étape vers l’Accord de Partenariat Économique (APE) entre le Cameroun et l’Union européenne est entré dans sa 11ᵉ phase de mise en œuvre. Cette nouvelle étape marque une progression dans le processus de démantèlement tarifaire engagé entre les deux parties. Ainsi, les produits relevant des Groupes 1 et 2 bénéficient désormais d’un démantèlement de 100 %, tandis que ceux du Groupe 3 atteignent un taux de démantèlement de 70 %.

 

Pour mieux comprendre la portée de cette mesure, il convient de rappeler que l’Union européenne constitue un marché de 27 États membres. Il s’agit de l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. Ces pays constituent donc le périmètre européen concerné par les échanges préférentiels prévus dans le cadre de l’APE.

 

Dans ce contexte, les marchandises importées ne sont toutefois pas toutes soumises au même calendrier de démantèlement. En effet, elles sont réparties en trois groupes en fonction notamment de leur nature et de leur importance pour l’économie nationale.

 

  • Le Groupe 1 comprend les matières premières et les biens d’équipement notamment les médicaments, les équipements médicaux, les engrais, les semences… ;

 

  • Le Groupe 2 regroupe principalement des équipements et intrants destinés à soutenir la production locale, notamment certains équipements industriels, véhicules utilitaires et intrants ;

 

  •  Quant au Groupe 3, il concerne notamment certains véhicules, motocycles, équipements électroniques et autres produits à rendement fiscal élevé.

 

 

 Alors que les deux premiers groupes sont désormais totalement démantelés, le Groupe 3 poursuit progressivement son processus de libéralisation avec un taux de 70 % au titre de cette 11ᵉ phase.

 

Pour les chargeurs et les importateurs, cette évolution peut représenter une opportunité intéressante. En pratique, la réduction du droit de douane sur les marchandises éligibles peut contribuer à diminuer le coût d’acquisition de certains équipements, intrants et produits en provenance de l’Union européenne. Par conséquent, les entreprises qui importent des équipements nécessaires à leur activité peuvent, dans certains cas, bénéficier de conditions tarifaires plus favorables et améliorer ainsi leur compétitivité.

 

Par ailleurs, l’APE ne se limite pas aux avantages accordés aux importations en provenance de l’Union européenne. Il constitue également une opportunité pour les entreprises camerounaises qui souhaitent développer leurs exportations vers le marché européen. Toutefois, pour tirer pleinement profit de cet accès préférentiel, les exportateurs doivent notamment respecter les règles d’origine et les exigences applicables à leurs produits. Dans cette perspective, le Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC) s’inscrit pleinement dans la dynamique d’accompagnement des opérateurs économiques au regard des exigences de l’APE. C’est dans ce cadre que le CNCC, en partenariat avec l’Union européenne et le PAIRIAC, a organisé les 29 et 30 avril 2026 à Kribi, un atelier d’information et de formation destiné aux opérateurs économiques sur l’administration de la preuve d’origine dans le cadre de l’Accord de Partenariat Économique Cameroun–Union européenne. Cette initiative visait notamment à renforcer la compréhension des règles d’origine et à permettre aux opérateurs de mieux maîtriser les conditions nécessaires pour bénéficier des préférences tarifaires prévues par l’accord.

 

Il convient néanmoins de rester vigilant lors des opérations d’importation. En effet, le bénéfice du régime préférentiel dépend notamment du classement tarifaire de la marchandise et de son code SH (Système harmonisé). Les taux de démantèlement évoluant au fil des phases annuelles, les opérateurs doivent également tenir compte des actualisations de la nomenclature tarifaire et des listes de produits concernées. Autrement dit, un classement ou une information utilisée lors d’une phase précédente ne doit pas être automatiquement repris pour une nouvelle opération.

 

À cet égard, il est recommandé aux chargeurs de vérifier systématiquement le code SH de leurs marchandises ainsi que leur éligibilité au régime préférentiel avant toute opération d’importation. La nomenclature détaillée et officielle ainsi que les listes de produits applicables sont disponibles auprès de la Direction Générale des Douanes (www.douanes.cm) et des services compétents. Le communiqué du Ministre des Finances invite d’ailleurs les opérateurs à consulter les informations officielles mises à leur disposition afin de connaître les produits concernés par cette nouvelle phase.

 

Malgré ces avantages, la 11ᵉ phase soulève également quelques points de vigilance. D’une part, la réduction des droits de douane peut entraîner une pression concurrentielle plus importante sur certaines productions locales face aux produits importés. D’autre part, elle peut contribuer à une diminution des recettes douanières sur les produits concernés. Enfin, les opérateurs doivent garder à l’esprit que la réduction ou la suppression du droit de douane ne signifie pas nécessairement la disparition de l’ensemble des taxes, droits, redevances ou formalités applicables à l’importation.

Recent news

NOTE TECHNIQUE: APE CAMEROUN–UNION EUROPÉENNE: CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR LA 11ᵉ PHASE

Depuis le 4 août 2026, l’Accord d’étape vers l’Accord de Partenariat Économique...

COMMUNIQUE

Le Directeur Général du Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC) informe les Chargeurs et les autres...

COMMUNIQUE

Le Directeur Général du Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC SA) porte à l'attention des...

Agenda